Indiana : la taxe de vente et vos factures
Taxe de vente en Indiana : contrat en régie ou à forfait, ligne de taxe sur les matériaux, réparations et dépannages, aucune taxe de vente locale.
En Indiana (IN), c’est le contrat qui détermine la taxe. Dans un contrat en régie (time and material contract), l’entrepreneur est un commerçant de détail (retail merchant) et perçoit la taxe de vente sur les matériaux ; dans un contrat à forfait ou tout autre contrat, il paie lui-même la taxe sur les matériaux et ne facture aucune taxe de vente à son client.
L’inscription et le Registered Retail Merchant Certificate
L’entreprise qui vend des marchandises ou des biens meubles corporels en Indiana s’inscrit pour percevoir la taxe de vente par INBiz (le portail des entreprises de l’État) et reçoit un Registered Retail Merchant Certificate (RRMC, le certificat de commerçant de détail inscrit), dont un exemplaire doit être affiché dans chaque établissement. Le Sales Tax Information Bulletin #60 du Department of Revenue (l’administration fiscale de l’État) ajoute que les entrepreneurs qui travaillent en régie sont des commerçants de détail : ils doivent donc s’inscrire et détenir un RRMC.
En régie ou à forfait : le type de contrat décide
Le Bulletin #60 définit l’entrepreneur comme toute personne qui transforme des matériaux de construction en bien immobilier pour autrui, notamment les entrepreneurs généraux ou principaux, les sous-traitants et les entrepreneurs spécialisés. Cette transformation peut comprendre des améliorations et des réparations de structures existantes.
- Contrat en régie : un contrat qui indique séparément le coût des matériaux de construction et le coût de la main-d’œuvre ou des autres frais. Dans ce cas, vous êtes un commerçant de détail qui vend les matériaux, et vous percevez la taxe de vente de l’Indiana sur la part du contrat qui correspond aux matériaux.
- Contrat à forfait ou tout autre contrat : vous n’êtes pas un commerçant de détail. Payez la taxe de vente sur les matériaux à l’achat, ou calculez et versez vous-même la taxe d’utilisation (use tax) quand vous transformez en bien immobilier des matériaux achetés sans taxe, et ne facturez pas de taxe de vente à votre client.
Les règles de l’Indiana sur les entrepreneurs, au 45 IAC 2.2-3 (le code administratif de l’État), qui datent de 1982, vont dans le même sens : l’entrepreneur qui propose à un seul prix les matériaux et la main-d’œuvre d’une amélioration immobilière doit la taxe de vente sur les matériaux. Remettre au client une ventilation des frais de main-d’œuvre et de matériaux après une soumission à prix fixe n’en fait pas des opérations distinctes.
La ligne de taxe dans un contrat en régie
Dans un contrat en régie, la ligne de taxe porte sur les matériaux, plus les frais de préparation, de fabrication, de modification, de finition, de livraison ou de tout autre service rendu sur ces matériaux avant qu’ils parviennent à votre client. Les frais d’installation indiqués séparément sur la facture ne sont pas taxés. Dans l’exemple des armoires du Bulletin #60, la main-d’œuvre de fabrication est taxable et l’installation indiquée séparément ne l’est pas, mais regrouper la fabrication et l’installation dans un poste général de main-d’œuvre rend taxable toute la main-d’œuvre facturée.
Sur un chantier à forfait, n’ajoutez pas de ligne de taxe. Un même chantier peut être taxé d’une façon ou de l’autre selon le contrat, et sur un chantier avec des sous-traitants, le type de contrat de chaque entrepreneur détermine la taxe sur ses propres ventes, en commençant par les sous-traitants. Le Bulletin #60 prend l’exemple d’un sous-traitant en électricité sur une maison construite sur mesure : si le sous-traitant travaille à forfait, il paie la taxe sur ses composants électriques, et si l’entrepreneur principal ne travaille pas en régie, il ne facture pas de taxe de vente au propriétaire.
Pas de prix annoncés taxe comprise
Le règlement 45 IAC 2.2-9-5 de l’Indiana, lui aussi de 1982, rend illégal, sauf dans les cas prévus par l’IC 6-2.5-7 (l’Indiana Code, les lois de l’État), le fait d’afficher un prix annoncé, marqué ou déclaré publiquement qui comprend la gross retail tax (la taxe de vente au détail de l’État) ou la taxe d’utilisation de l’État, ou d’offrir de prendre en charge ou d’absorber une partie de la taxe d’un client. Le faire constitue une infraction de classe B (Class B infraction).
Services, réparations et dépannages
Selon la règle 45 IAC 2.2-4-2 de l’Indiana, de 1982, les services professionnels, les services personnels et les services rendus sur des biens qui n’appartiennent pas au prestataire ne sont pas des ventes au détail et ne sont pas assujettis à la gross retail tax. Les personnes qui font des réparations sont des prestataires de services (servicemen) pour leurs services et des commerçants de détail pour les pièces de réparation ou de rechange qu’elles vendent.
- Réparations de biens meubles corporels : selon le Bulletin #60, les frais de réparation sont en général exonérés en tant que service quand ils sont indiqués séparément des matériaux. S’ils ne sont pas séparés, toute l’opération pourrait être taxable quand les matériaux représentent plus de 10 % du prix total, ce qui en fait une opération groupée taxable (bundled transaction).
- Réparations de biens fixés à un bien immobilier : ce sont des réparations immobilières, qui suivent les règles des entrepreneurs. Sauf si le contrat est un contrat en régie, le réparateur paie la taxe de vente sur les pièces et ne facture de taxe de vente sur aucune partie du contrat.
- L’exemple du générateur d’air chaud du Bulletin #60 : une entreprise de chauffage et de climatisation répare un générateur d’air chaud (furnace) qui est un accessoire fixe (fixture) d’un bien immobilier. Les frais de réparation ne sont pas taxables tant que l’entreprise a payé la taxe de vente sur la pièce, car il s’agit d’une réparation immobilière hors contrat en régie, et ses frais de dépannage de 65 $ US sont exonérés parce qu’ils accompagnent une opération non taxable.
- Visites d’évaluation : dans l’exemple du conditionneur d’eau du bulletin, le réparateur envoyé pour évaluer le problème sans savoir ce qu’il faut pour le régler fait une visite qui se rattache au service : ses frais de livraison ou de transport ne sont donc pas taxables, même si la réparation utilise ensuite des pièces taxables.
Le bulletin range les générateurs d’air chaud, les climatiseurs centraux et les chauffe-eau parmi les matériaux de construction qui peuvent devenir des biens immobiliers, alors que les climatiseurs de fenêtre restent généralement des biens meubles corporels. Il cite la plomberie, le chauffage et la climatisation, les travaux d’électricité, la toiture, l’aménagement paysager et l’installation de systèmes souterrains d’arrosage ou de drainage parmi les activités d’entrepreneur : ces métiers suivent donc la règle du type de contrat décrite plus haut.
Le Bulletin #92 traite des biens que vous vendez puis installez : l’installation indiquée séparément qui a lieu après la livraison et le transfert n’est pas taxable, alors que les frais d’installation non indiqués séparément le sont. Les frais de livraison de biens taxables vendus par le vendeur ou pour son compte sont taxables, qu’ils soient indiqués séparément ou non.
Clients exonérés et permis de paiement direct
L’entrepreneur peut acheter des matériaux de construction en exonération quand son client aurait pu les acheter en exonération, par exemple un organisme sans but lucratif ou une entité publique fédérale ou de l’Indiana. L’exonération ne couvre que les matériaux intégrés au bien immobilier, et non les autres biens utilisés ou consommés sur le chantier, et les entrepreneurs ne peuvent pas remettre à leurs fournisseurs les certificats d’exemption de leur client. Les restes de matériaux exonérés utilisés plus tard sur un projet non exonéré sont soumis à la taxe d’utilisation.
L’entrepreneur qui ne travaille pas en régie n’est pas libéré de sa taxe d’utilisation parce qu’il accepte le permis de paiement direct (direct payment permit) d’un client. Il doit plutôt obtenir un certificat d’exemption d’un client exonéré.
Aucune taxe de vente locale en Indiana
La taxe de vente de l’Indiana est la même dans tout l’État. Les comtés prélèvent un impôt local sur le revenu, et certains comtés et certaines municipalités prélèvent des taxes sur l’hébergement (innkeeper’s taxes) ou sur les aliments et boissons, mais aucune de ces taxes n’est une taxe de vente locale à ajouter à votre facture.