Connecticut : la taxe de vente et vos factures
Connecticut : main-d’œuvre taxée sur les biens commerciaux existants, pas sur le neuf ni chez le propriétaire occupant, et deux façons de facturer la taxe.
Au Connecticut (CT), c’est le bien visé qui détermine si la main-d’œuvre d’un entrepreneur est taxée. Selon le Department of Revenue Services (DRS, l’administration fiscale de l’État), les services fournis à des biens commerciaux, industriels et productifs de revenus existants sont généralement taxables, tandis que la main-d’œuvre en construction neuve et sur les habitations d’un à trois logements occupées par leur propriétaire ne l’est pas, sauf pour des services comme l’aménagement paysager et le nettoyage de bâtiments, qui sont taxables sur tout type de bien.
Permis : tout entrepreneur en bâtiment en a besoin
Les détaillants s’inscrivent auprès du DRS pour obtenir un Sales and Use Tax Permit (permis de taxe de vente et d’utilisation), qui coûte 100 $ US et devrait être affiché bien en vue pour les clients. Tous les entrepreneurs en bâtiment, y compris les sous-traitants, doivent obtenir un permis du DRS avant de fournir quelque service que ce soit, même si leurs services ne sont pas taxables ou si le contrat est conclu avec une entité exonérée. Aucune administration locale du Connecticut n’ajoute sa propre taxe de vente.
Consommateur des matériaux, détaillant des services
Le Building Contractors’ Guide to Sales and Use Taxes du DRS (IP 2018(2), le guide des taxes de vente et d’utilisation pour les entrepreneurs en bâtiment) décrit les entrepreneurs à la fois comme consommateurs de matériaux et comme détaillants de leurs services. Vous payez la taxe de vente ou d’utilisation sur les matériaux, les fournitures et l’équipement que vous utilisez dans vos contrats de construction, et vous facturez la taxe de vente sur vos services taxables.
Votre main-d’œuvre est taxable quand le service est fourni :
- à un bien immobilier commercial, industriel ou productif de revenus existant ;
- ou à tout bien immobilier, pour les services que le DRS déclare taxables sur tous les biens immobiliers (voir plus bas).
En dehors de ces services, votre main-d’œuvre n’est pas taxable en construction neuve ni sur un bien résidentiel occupé par son propriétaire. Elle n’est pas taxable non plus pour les organismes de bienfaisance ou religieux, les organismes publics admissibles ou leurs mandataires, les hôpitaux et certaines autres entités exonérées, ou les logements pour ménages à revenu faible ou modeste, ni sur les contrats exécutés hors de l’État ou les biens immobiliers situés dans une emprise publique.
Les frais d’installation de biens meubles corporels indiqués séparément ne sont pas taxables, sauf si l’installation est elle-même un service fourni à un bien immobilier commercial, industriel ou productif de revenus existant.
Quel bien relève de quelle catégorie
- Construction neuve : un nouveau bâtiment ; un nouvel agrandissement qui accroît le volume d’un bâtiment existant ; le remplacement de toute la structure interne d’un bâtiment ; les aménagements du terrain qui donnent au bien un nouvel usage ; et le premier aménagement intérieur d’un nouveau bâtiment, si l’espace n’a pas été utilisé (l’entreposage compte comme un usage). Elle prend généralement fin à la délivrance du Certificate of Occupancy (certificat d’occupation). Le formulaire CERT-104 établit la part des services de construction attribuable à la construction neuve.
- Résidentiel occupé par le propriétaire : un bien utilisé uniquement comme résidence, comptant d’un à trois logements, où le propriétaire habite ou habitera une fois les travaux terminés.
- Productif de revenus : par exemple un bien locatif comme un immeuble d’appartements, un bien résidentiel que le propriétaire n’occupe pas, ou un terrain utilisé pour la production agricole.
Les métiers selon le type de bien
| Travaux | Construction neuve ou logement occupé par le propriétaire | Bien commercial, industriel ou productif de revenus existant |
|---|---|---|
| Aménagement paysager, entretien de pelouse, nettoyage de bâtiments, lavage à pression | Taxable | Taxable |
| Réparation ou entretien de climatisation | Taxable | Taxable |
| Plomberie, câblage, installation de chauffage et climatisation (CVC), toiture | Aucune taxe perçue | Taxable |
- Aménagement paysager et entretien de pelouse : la plantation et l’entretien de végétaux, et les services aux pelouses. La construction de systèmes d’irrigation et d’arrosage, ou de patios autres qu’en béton coulé ou en asphalte, relève aussi de l’aménagement paysager, et les bassins, les clôtures, les portails et les murs (autres que ceux d’un bâtiment) sont présumés en relever jusqu’à preuve du contraire. Vous pouvez acheter en revente les matériaux que vous incorporerez, et vous percevez la taxe sur la main-d’œuvre, l’installation et les matériaux.
- Nettoyage de bâtiments : le nettoyage de l’intérieur ou de l’extérieur de tout bâtiment, ou de son contenu, qu’il soit planifié, périodique ou ponctuel, par exemple après une construction ou une rénovation. Le nettoyage de moquette dans les locaux du client est taxable ; le nettoyage de tapis non permanents emportés hors des locaux ne l’est pas.
- Lavage à pression : le lavage de maison (lavage à pression) est un service d’entretien. Le ramonage des cheminées et le nettoyage des gouttières, des descentes pluviales et des drains aussi. Le lavage à pression fait pour préparer les surfaces dans le cadre d’un travail de peinture compte comme de la peinture, qui n’est pas taxée en construction neuve ni sur les logements occupés par leur propriétaire.
- Exemption pour invalidité : les services d’aménagement paysager et d’entretien fournis à la résidence d’une personne qui reçoit des prestations d’invalidité totale de la Social Security (la sécurité sociale fédérale) ne sont pas taxables.
- Réparations : la réparation ou l’entretien d’un climatiseur est taxable sur la facture totale, y compris dans un logement occupé par son propriétaire, sauf s’il est fait dans le cadre d’un contrat de service sans frais supplémentaires. La réparation d’appareils électriques ou électroniques, ou d’autres biens meubles corporels, est aussi un service taxable.
- La toiture comprend le remplacement de tout ou partie d’un toit et les réparations de toiture. Vous ne percevez aucune taxe sur la première toiture d’une construction neuve.
Votre facture : la taxe sur la part des services
Le DRS compte comme frais de service tout montant qui dépasse votre coût des matériaux physiquement incorporés au bien immobilier, taxe payée sur ces matériaux comprise. Cela comprend votre main-d’œuvre, les majorations sur la main-d’œuvre et les matériaux, les frais généraux, les outils ou l’équipement, et les dépenses remboursées figurant sur la facture. Facturez le client final de l’une de deux façons :
- Détaillée : les matériaux, avec la taxe que vous avez payée ; vos frais de service ; et la taxe de vente sur la part des services.
- Un seul total : accompagné de la mention « sales tax included on services » (taxe de vente comprise sur les services).
Dans les deux cas, vous ne facturez la taxe que sur la part des services. L’aménagement paysager et la réparation de climatisation font exception : les paysagistes perçoivent la taxe sur la main-d’œuvre, l’installation et les matériaux, et la réparation d’un climatiseur est taxée sur la facture totale, comme indiqué plus haut. Pour une rénovation de 10 000 $ US dans un immeuble de bureaux existant (un chiffre donné à titre d’exemple), avec des matériaux qui vous ont coûté 4 000 $ US, taxe payée comprise, la part des services est de 6 000 $ US : c’est sur ce montant que vous facturez la taxe de vente.
Quand votre service n’est pas taxable, ou que votre client est exonéré, vous ne facturez pas de taxe de vente sur ce service. Un contrat à forfait devrait préciser si son prix total comprend ou exclut la taxe de vente. Une facture de vente, ou un document AIA comme une Application and Certificate for Payment (demande et certificat de paiement), constitue un reçu acceptable ; un contrat, non.
La loi du Connecticut interdit à un détaillant d’annoncer qu’il paiera ou absorbera une partie quelconque de la taxe de vente sur des marchandises ; l’amende est de 500 $ US par infraction.
Points de vigilance pour les entrepreneurs du Connecticut
- La taxe perçue est détenue en fiducie : certains entrepreneurs se sont remboursé à tort, sur la taxe perçue auprès de leurs clients, la taxe qu’ils avaient payée sur les matériaux. Selon le § 12-408(2), toute la taxe que vous percevez est détenue en fiducie pour l’État et doit être versée au DRS, même si vous l’avez facturée par erreur, ou rendue au client.
- Achats en revente pour installations et réparations : si vous faites à la fois l’installation et la réparation de systèmes, vous pouvez acheter en revente les articles utilisables pour l’une ou l’autre, comme la tuyauterie. Si un article sert à une installation, calculez vous-même la taxe d’utilisation sur votre prix d’achat ; s’il sert à une réparation, percevez la taxe de vente sur cet article auprès de votre client. Vous ne pouvez pas utiliser de certificat de revente pour des articles qui ne peuvent servir qu’à une installation, comme des générateurs d’air chaud (furnaces), des climatiseurs centraux ou des chauffe-eau.